Musique

Vers l’infini et l’au delà, avec Mustafa, Cynefin, et Bill Orcutt

Il y a des albums qui existent simplement pour vous faire plaisir, être avec vous, vous accompagner dans vos torpeurs, vos doutes, vos souffrances et bien entendu. Les disques peuvent panser vos plaies ou vous ouvrir une voie vers un monde meilleur.



Lorsque vous vous sentez seul, des disques peuvent devenir votre meilleur ami, avec ses conseils, sa poésie et son expérience. La musique est un filtre à nos tourments et cela s’entend par exemple dans l’œuvre très sensible de Mustafa.

Ce Canadien réalise un pur disque de folk où il fouille les entrailles de sa religion, de son existence et de son monde qui ne semble pas totalement lui convenir. Pourtant sa musique est d’une douceur hypnotisante.

Descendant moderne de Cat Stevens, Mustafa réserve son lot de surprises avec une orchestration très ouverte et chaleureuse. Les chansons célèbrent un humanisme pas du tout serein mais épris d’une vraie curiosité, loin des convictions et des certitudes. Dunya donne à voir le meilleur d’un artiste convaincu mais se fait aussi le reflet de nos questionnements. Et au delà de tout cela, c’est un excellent disque, doux, attentif et amical.



Il serait de bon ton aussi de sympathiser avec Cynefin, artiste cent pour cent gallois, qui lui aussi nous invite à fuir le monde moderne et se recentrer sur un rythme, simple et vivant. Shimli est donc un album totalement rural où un artiste du coin, Owen Shiers, sifflote les mémoires du Pays de Galles et ses habitants qui ont leur avis sur l’existence.

Chercheur et chanteur, Owen Shiers rapporte donc l’âme de son pays. On y sent une connivence et une sincérité que transpirent les musiciens et les instruments. La complexité montre que l’on ne laboure pas le bon sens rural ou les clichés sur les petites gens. C’est un acte politique mais diablement bien illustré par des chansons accessibles et qui ne veulent pas synthétiser le projet initial. Non, là aussi c’est un disque doux, attentif et amical.


Ce qui n’est pas tout à fait le cas du dernier ouvrage du guitariste aventurier, Bill Orcutt. A coté de lui, Neil Young et ses nombreuses expérimentations avec une six cordes, c’est Dora l’Exploratrice. Bill Orcutt aurait lui aussi toute sa place dans une bande son d’un film de Jim Jarmusch, tellement l’homme se promène loin des sentiers battus, des conventions et des modes.

Son dernier disque, How to Rescue Things, est un vrai challenge pour tout auditeur. Le type va chercher des harpes, des chœurs, des cloches et de jolies choses pour poser dessus sa guitare extravagante, qui n’a pas peur de la dissonance. L’artiste montre ainsi de jolies discordes musicales qui nous rappellent nos contradictions et même nos nuances.

C’est la force de Bill Orcutt. Son son est totalement à part mais il nous retranche dans des émotions et des ressentis qui sont universels. Il s’amuse à faire de l’easy listening à sa manière et tente de nous faire rire et réfléchir face à des facéties mélodiques qui surprennent.

Ces trois disques sont des échappatoires, des moments qui nous élèvent et nous plongent dans un univers totalement à part, qui n’existe pas et est pourtant essentiel à notre survie.

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